Bienvenue sur le blog de la délégation CAP 21 Picardie. Ce blog est destiné à vous informer sur les principaux thèmes de travail de CAP 21, mouvement écologiste présidé par Corinne LEPAGE et à vous proposer une actualité environnementale de la région. CAP21 est parti fondateur du Mouvement Démocrate.Ce blog est le votre. N'hésitez donc pas à y apporter vos informations ou commentaires.
Eric Delhaye, Président délégué de CAP21, membre du bureau national du Mouvement Démocrate, délégué régional Picardie et Aisne
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Avec Jean-Yves VILCOT, délégué CAP 21 SOMME
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La directrice du Programme Alimentaire Mondial, Josette SHEERAN n’hésite pas à parler de « tsunami silencieux » quand elle évoque la crise alimentaire qui menace de plonger dans les famines des dizaines de millions de personnes supplémentaires dans le Monde.
Confrontés à la flambée des cours des matières premières (doublement des prix du blé, du riz…), les réactions violentes se multiplient (émeutes de la faim à Haïti, au Cameroun, au Mexique) et menacent la stabilité de dizaines de pays notamment en Afrique.
Comment en est-on arrivé là ? Nous aurions tort de penser que le problème est uniquement conjoncturel et plusieurs facteurs méritent d’être distingués :
- en premier lieu, il faut évidemment constater l’évolution de la demande alimentaire de pays émergents comme la Chine et l’Inde, notamment en viande conduisant à produire des céréales pour nourrir le bétail plutôt que les hommes
- en deuxième lieu, de nombreuses régions du Monde se sont lancées dans des politiques de soutien aux énergies alternatives en particulier dans la production d’agrocarburants qui prennent une part croissante des terres arables. Ainsi tout le supplément de récolte mondiale de maïs entre 2004 et 2007 a servi à fabriquer aux Etats-Unis des biocarburants. Pour se donner un ordre d’idée, il faut autant de céréales pour faire le plein d’éthanol d’un véhicule de type 4x4 que pour nourrir une personne pendant une année. Les continents américain et européen se sont lancés dans une production massive de ces carburants ce qui n’a pas manqué de faire réagir Jean Ziegler pour qui « quand on lance aux Etats-Unis , grâce à 6 milliards de subventions une politique de biocarburants qui draine 138 millions de tonnes de céréales hors du marché alimentaire, on jette les bases d’un crime contre l’humanité pour sa propre soif de carburant. »
- en troisième lieu, la spéculation sur les marchés conduit les exportateurs traditionnels à organiser des stocks plutôt qu’à vendre leur surplus
- en quatrième lieu, il faut évoquer les subventions agricoles que les Etats-Unis et l’Union Européenne versent à leurs agriculteurs et qui pour le secrétaire général de l’ONU ou le président brésilien Lula pénalisent les pays pauvres et contribuent à l’urgence actuelle tout comme les droits de douanes et taxes appliqués sur les produits importés.
Les Etats-Unis versent ainsi 90 milliards d’euros au soutien de leur secteur agricole et l’Europe 50 milliards d’euros par la PAC (soit 40 % du budget européen).
- et puis cette crise révèle à mes yeux l’échec des politiques d’ajustements structurels du FMI et de la Banque Mondiale qui ont orienté les économies des pays en voie de développement vers les exportations et les monocultures intensives au détriment de l’agriculture vivrière et de la souveraineté alimentaire.
D’évidence, il faut aller au-delà des habituelles mesures d’urgence et revoir nos modes de pensée et d’action en matière de développement, il faut que l’on agisse sur les causes profondes qui font que l’Europe, comme le reste du Monde est de plus en plus inégalitaire, que la pauvreté s’enracine et que les enjeux de mainmise sur les matières premières, notamment vivrières renforcent un système qu’il faut d’urgence réformer.
L’autosuffisance alimentaire est le premier des défis à relever pour les pays en voie de développement avec l’aide des micro-crédits, le développement des infrastructures rurales, de l’irrigation, du stockage.
L’agriculture vivrière doit être réhabilitée, encouragée, protégée de la concurrence déloyale des produits d’importation.
Il nous faut nous attaquer à la réforme difficile de la Politique Agricole Commune pour la faire passer d’une logique de pérennisation et de compensation des avantages acquis à une logique de soutien au développement rural, à la promotion de la qualité des produits et de l’alimentation, à la qualité de la vie et à la protection de l’environnement.
Il nous faut défendre un moratoire sur le développement des agrocarburants de 1ère génération et réviser l’objectif européen de 10 % d’incorporations de biocarburants d’ici 2020 comme le demande le comité scientifique de l’Agence Européenne de l’Environnement si nous ne sommes pas en mesure de l’atteindre avec des agrocarburants de 2ème génération produits dans des conditions de durabilité et de proximité adéquates.
IL nous faut respecter nos engagements de consacrer à 0,7 % du PIB à l’aide au développement contre 0, 39 % aujourd’hui.
Ne faut-il pas par ailleurs trouver de nouveaux mécanismes de financement comme le suggère Robert Zoellick, président de la Banque Mondiale en orientant une partie des moyens des fonds souverains vers des investissements productifs en Afrique ?
Voici quelques pistes de réflexion ouvertes au débat que nous reprendrons lors de notre prochain congrès.
Eric Delhaye
Découvrez la Picardie :

Entre le Nord/Pas-de-Calais, la Champagne et l'Ile-de-France, la Picardie s'étend sur 19400 km² et repose sur des couches crayeuses. Les altitudes atteignent au plus 200 mètres. La population est d'environ 1 862 000 habitants.
Son ouverture sur la mer ne lui procure pas de débouchés économiques importants, malgré l'attrait touristique que lui confère la réserve écologique de la baie de Somme.
Région de plaines et de plateaux, elle est surtout une grande terre agricole, particulièrement le Santerre, le Soissonnais, le Vermandois et le Laonnois. Cette agriculture participe au PIB régional à hauteur de 7% (le double de la moyenne nationale).
L'industrie n'est pas en reste : Chimie, plasturgie, industrie des métaux, agro-alimentaire et constructions mécaniques, pour la plupart produites par des PME, constituent l'essentiel de l'industrie picarde. L'agro-alimentaire, avec la pomme de terre, le lait et la betterave sucrière, a attiré de grands groupes. La région fournit 10% du sucre de l'Union Européenne.
Pour le tourisme, les châteaux assurent la renommée de la région : Chantilly, Compiègne, Ermenonville, Pierrefonds, Villers-Cotterêts. Les plus beaux fleurons de l'art gothique attirent également beaucoup de visiteurs : Amiens, Beauvais, Laon, Noyon, Senlis, Soissons.
La Picardie abrite des milieux naturels diversifiés (massifs boisés, bocages, pelouses calcaires et landes, zones humides, marais, tourbières et milieu marin...) et de grande valeur patrimoniale. Les milieux naturels reconnus d'intérêt (par les différents inventaires et mesures de protection) représentent environ 20 % du territoire régional mais sont inégalement répartis sur l'ensemble du territoire. Ils se concentrent en effet dans les massifs forestiers dans les Départements de l'Oise et de l'Aisne, les zones bocagères de Thiérache ou du Pays de Bray, le Laonnois, les principales vallées (Oise et Somme notamment), et bien sûr le littoral de la Baie de Somme (zone reconnue au niveau international / convention de RAMSAR).
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